Baroque italien
Galuppi: «Dixit Dominus», «Nisi Dominus»
Vivaldi: «Gloria»
Carlotta Colombo, Marta Redaelli, soprano
Marta Fumagalli, alto
Alessandro Ravasio, basse
Giulio Prandi, direction
Fondé il y a plus de vingt ans par Giulio Prandi, le Chœur et l'Orchestre Ghislieri poursuivent avec brio sur la ligne qu'ils s'étaient fixée à leurs débuts: célébrer la grandeur des chapelles italiennes du 18e siècle. Ils nous invitent à Venise, à la rencontre de deux géants qui ont tour à tour «régné» sur la musique de la cité des doges. Si Vivaldi et son brillant Gloria ne se présentent plus, la postérité a été moins généreuse avec Baldassare Galuppi, d'une trentaine d'années son cadet. Pourtant l'homme domine une carrière et un legs proprement époustouflants: une soixantaine d'opéras (sérieux comme comiques), une trentaine d'oratorios, pour un parcours qui, de Saint-Marc jusqu'aux fastes de la cour de la Grande Catherine à Saint-Pétersbourg, embrasse plus de soixante années sans interruption. «Monsieur Galuppi [...] mérite assurément tout ce qu'on peut faire pour lui, étant l'un des rares génies originaux encore présents de la plus prestigieuse école que l'Italie ait jamais connue, note à son sujet le célèbre chroniqueur britannique Charles Burney. Il se distingue tellement parmi les musiciens vénitiens actuels qu'il paraît un géant parmi les nains.» Son Dixit Dominus et son Nisi Dominus présentés ici témoignent non seulement de ce talent hors norme – caractérisé par un sens du théâtre, de la variété et de la nuance rare –, mais également d'un style qui est clairement en train de basculer du baroque vers la «galanterie», suivant ainsi le nouveau goût du public, et son adieu à Vivaldi et à ses pairs.
© Bertrand PICHENE

